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  • Allocution à l’occasion de la 36éme réunion du Comité Intergouvernemental du COMESA

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    le Représentant de la République de Madagascar, Président en exercice du COMESA,
    le Représentant de la Commission de l’Union Africaine,
    le Représentant de la Banque Africaine de Développement,
    le Représentant de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique,

    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

    Mesdames et Messieurs,

    C’est pour moi un grand honneur d’intervenir ici, à Antanarivo, à l’occasion de la 36éme réunion du Comité Intergouvernemental du COMESA en tant que Représentant spécial de la France au Marché Commun de l’Afrique australe et orientale.

    La France en tant que partenaire proche et actif de l’Afrique soutient la coopération régionale et l’intégration du continent. L’Afrique est un continent qui change vite et qui s’intègre de plus en plus dans le commerce et les flux d’investissements globaux. De nombreux projets régionaux ou même continentaux sont engagés. La coopération régionale et l’intégration représentent un facteur de progrès, d’innovation, de plus grande efficience. Elles créent aussi la solidarité et contribuent fortement à la paix et à la stabilité entre les nations.

    La France soutient le processus du COMESA et je voudrais saluer les nombreuses réalisations du COMESA depuis la Carte jaune du COMESA jusqu’au projet de lignes électriques Zambie-Tanzanie-Kenya ou le programme « Commerce pour la Paix ». Je souhaiterais aussi mentionner les succès majeurs du COMESA que sont l’établissement de la zone de libre-échange du COMESA en 2000 et l’Union douanière du COMESA en 2009 qui ont conduit à un accroissement conséquent des échanges intra-zone, multipliés par 6 sur la période 2000-2012.

    Ces succès ont ouvert la voie à l’initiative tripartite COMESA-CAE-SADC, officialisée en juin 2015 à Charm-el-Cheik , et qui représente actuellement le processus africain d’intégration régionale le plus ambitieux et le plus dynamique. Ces trois espaces représentent 26 Etats membres, 625 millions de personnes et un PIB de 1 200 milliards de dollars. Au niveau du continent, ce nouveau bloc couvrira plus de la moitié de la population africain et produira plus de la moitié du PIB africain.

    La France se félicite de l’avancée des négociations tripartites visant à former ce nouveau grand ensemble économique en Afrique australe et orientale.

    De longue date, la France soutient les processus d’intégration régionale économique en Afrique, ayant elle-même contribué à et bénéficié de la construction européenne. La déclaration finale du sommet de l’Elysée sur la Paix en Afrique de décembre 2013 rappelle d’ailleurs que notre pays “continuera d’œuvrer en faveur de l’intégration régionale, de l’insertion de l’Afrique dans les échanges internationaux et la mobilisation du secteur privé pour le développement des infrastructures africaines”. Ces thèmes avec ceux de l’entreprenariat, de l’emploi des jeunes et de l’utilisation des technologies numériques seront d’ailleurs débattus lors du Sommet Afrique-France à Bamako, mali, le 14 janvier 2016.

    Compte tenu de ses liens particuliers avec l’Afrique, notamment de l’Ouest et du Centre, la France dispose aujourd’hui d’une longue expérience de soutien aux processus d’intégration économique régionale.

    On peut en retenir une leçon : pour réussir, l’intégration régionale doit se baser sur des projets concrets. Il doit s’agir de projets trans-régionaux d’infrastructures et de politiques d’harmonisation juridiques dans des domaines comme les finances publiques ou le droit des affaires, qui sont indispensables à la convergence économique. Il existe d’ailleurs une Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) à laquelle la France et d’autres bailleurs contribuent.

    En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, la France a soutenu la création d’un nouvel instrument financier panafricain sur fonds européens, destiné à soutenir les intégrations continentales africaines, en général, et les infrastructures transrégionales, en particulier.

    Mesdames et Messieurs,

    La relation de la France avec le COMESA repose sur trois piliers :

    Premièrement, notre présence économique grandissante dans la région. Les compagnies françaises, la plupart d’entre elles globales, sont de plus en plus actives en Afrique et dans la région du COMESA comme l’ont montré les Rencontres « Africa 2016 » qui ont rassemblé à Paris (22-23 septembre 2016) plus de 2000 entrepreneurs africains. Le secteur privé -et, notamment, les entreprises françaises présentes en Afrique- contribue à l’industrialisation durable et inclusive du continent africain, une priorité essentielle du COMESA.

    Le deuxième élément clé est l’approfondissement de la coopération régionale dans l’Océan Indien et des relations entre le COMESA et le département français de La Réunion. Le COMESA est la plus grande organisation en Afrique australe et orientale et dans l’Océan Indien. Mon pays est très favorable au développement de la coopération régionale dans l’Océan Indien. Avec la région du COMESA mais aussi avec le nouveau grand ensemble économique en Afrique australe et orientale que représente l’initiative tripartite COMESA-CAE-SADC, le département de La Réunion a un rôle actif comme partenaire à jouer.

    Le troisième élément clé est la place de la Francophonie au sein de l’organisation. L’Ambassade de France en Zambie soutient au travers de l’Alliance Française de Lusaka l’enseignement de la langue française au sein du siège du COMESA. La France souhaite renforcer la place de la langue française au COMESA. La langue française est, année après année, de plus en plus parlée en Afrique : l’enseignement du français au COMESA est une nécessité et mon gouvernement souhaite continuer à y contribuer. Je voudrais aussi souligner que le Français est aussi la langue des affaires en Afrique. Pour l’avenir, nous devons aussi évaluer les programmes d’enseignement existant au sein du COMESA et l’adapter à de nouveaux éléments comme les besoins du COMESA et les attentes nouvelles des personnels du COMESA apprenant le français.

    Mesdames et Messieurs,

    La France soutient le COMESA aussi au travers du partenariat entre l’Union Européenne et le COMESA. Le 10éme FED (Fonds européen de Développement) avait alloué 619 Millions d’euros entre 2007 et 2013 pour la promotion de la coopération régionale en Afrique australe et orientale – Océan indien dont 150 Millions avaient été alloués au COMESA. Le 11éme FED 2014-2020 double cette allocation pour l’espace Afrique australe et orientale – Océan indien à savoir 1,3 milliards d’euros. La France contribue à hauteur de 20% au FED.

    Avant de conclure, je voudrais mentionner deux points très importants :

    1.- L’initiative Climat du COMESA : la France soutient ce programme et cette initiative visant à limiter le changement climatique. La France a accueilli à Paris en décembre 2015 la Conférence des Nations Unies COP 21 sur le Changement climatique. Grâce à des négociations transparentes, ouvertes et constructives, la communauté internationale et, au premier rang de laquelle le continent africain, nous sommes parvenus à un accord, l’Accord de Paris qui permettra de contenir le réchauffement climatique global sous les 2°C, d’adapter les sociétés aux dérèglements déjà existants et favoriser un développement sobre en carbone. La France en tant que présidence de la COP 21 se félicite de la mobilisation des gouvernements, des sociétés civiles, des ONG du continent africain. L’Accord de Paris devrait très bientôt entrer en vigueur, succès sans précèdent moins d’un an après sa finalisation. En novembre, le Royaume du Maroc accueillera la COP21 dont le mot d’ordre sera la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Pour la présidence marocaine comme pour la présidence française, l’Afrique est et restera une priorité. Première victime du changement climatique, le continent africain doit bénéficier le plus rapidement possible des outils financiers, de transfert de technologies et de savoir-faire pour affronter l’impact du changement climatique et s’engager dans une transition vers des économies bas-carbone et sur la voie d’une croissance verte qui permettre d’éradiquer la pauvreté.

    Le deuxième point que je voudrais mentionner est le Programme du COMESA sur la paix et la sécurité. A nos yeux, toutes les contributions à la paix, à la sécurité et à la stabilité de l’Afrique sont importantes. J’ai pu constater la participation active du COMESA dans les dernières élections en Zambie et la participation des observateurs électoraux du COMESA a été essentielle dans cette élection comme dans les autres. Il s’agit là d’une contribution significative à la démocratie, à la paix et à la transparence.

    Pour conclure, je voudrais redire que la France salue les succès et réussites du COMESA qui rassemble 20 pays d’un continent en forte croissance qui fait face à beaucoup de défis mais qui dispose de potentiels gigantesques. La France à titre national mais aussi comme Etat-Membre de l’Union Européenne est un partenaire de l’Afrique et du COMESA.

    Je vous remercie.

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